« Presqu’île en colère » : le collectif s’organise et lance une action collective

Action Presqu'île en colère

– Interview du collectif « Presqu’île en colère » et de l’avocat au Barreau de Lyon, Maître Edouard Raffin –

Depuis le mois de mars 2019, les habitants de la Presqu’île à Lyon s’organisent (collectif Presqu’île en colère) pour dénoncer le bruit insoutenable dont ils subissent les troubles presque tous les soirs. Alors que l’on pourrait être tenté de croire que ce tapage est ponctuel, surestimé, ou que les désagréments qui en découlent sont le sentiment d’habitants isolés, le phénomène touche un grand nombre d’habitants puisque le groupe Facebook « Presqu’île en colère », compte près de 2700 membres. Les habitants, excédés, ne comptent pas s’arrêter à la création d’un groupe permettant d’échanger, et se réunissent pour lancer une action collective afin de faire réagir les pouvoirs publics.

L’équipe de V pour Verdict (VpV) a rencontré Pauline, la porte-parole du collectif « Presqu’île en colère » afin d’échanger sur la situation. Maître Edouard Raffin, avocat au Barreau de Lyon portant l’action lancée par le collectif, répond également à nos questions :

VpV : Aujourd’hui, le collectif « Presqu’île en colère » fait parler de lui. Qu’est-ce qui vous a amené à vous rassembler ?

Pauline : A force de nous lamenter chaque week-end sur nos nuits catastrophiques, Sarah et moi avons décidé de tenter de rassembler nos voisins dans l’espoir de faire entendre notre colère.

VpV : N’y a-t-il pas de mesures destinées à éviter ces désagréments ?

Pauline : Ce phénomène a pris tellement d’ampleur par manque de réaction des pouvoirs publics et il faut aujourd’hui une réponse forte pour apaiser notre quartier. Cela passe nécessairement  par une prise de conscience collective.

VpV : Aujourd’hui, le groupe Facebook compte près de 2700 membres, malgré cette mobilisation citoyenne, aucune mesure concrète n’a permis de faire cesser les nuisances. Qu’attendez-vous de cette action collective ?

Pauline : Des choses ont été tentées, des moyens ont été déployés, mais c’est insuffisant. Six mois après la création de ce collectif les faits parlent d’eux-mêmes : la situation empire et les incivilités ont aujourd’hui fait place à la violence. C’est inacceptable, nous souhaitons que chacun prenne ses responsabilités, agisse de manière forte et assumée dans son domaine de compétence, en mesurant le caractère urgent de la situation! Le temps des promesses est révolu, il faut passer à l’action, et vite.

VpV : Contre qui est dirigée cette action collective ? Qu’est-il demandé ?

Me Edouard Raffin :

Aujourd’hui, la Mairie centrale de Lyon et la Préfecture n’assurent pas la tranquillité, voire la sécurité des habitants de la Presqu’île. Nous avons donc décidé de créer une action collective pour intenter un recours contentieux contre les autorités municipales et étatiques.

L’objectif de cette action est donc de rassembler un maximum de riverains pour appuyer la démarche amiable préalable à tout contentieux avec les autorités. Maintenant que le nombre de plaignants minimum au nombre de 100 est réuni, les courriers aux autorités compétentes seront adressés avec demande de concertation afin d’espérer solutionner le problème le plus rapidement possible à l’automne.

En cas de rejet tacite ou explicite des demandes que les riverains formuleront dans le cadre d’un recours gracieux à la Mairie centrale de Lyon et à la Préfecture du Rhône, ou en cas d’échec de conciliation préalable avec ces autorités, nous saisirons le Tribunal administratif de Lyon pour engager leur responsabilité dans la carence qu’ils font de leurs pouvoirs de police administrative et judiciaire.

VpV : Quelles en sont les modalités ? Qui peut se joindre à vous ?

Me Edouard Raffin :

Toutes les personnes résidant sur la Presqu’île à Lyon et victimes de ces nuisances peuvent encore rejoindre l’action collective. Pour cela, l’inscription peut se faire facilement sur la plateforme de V pour Verdict en envoyant une copie de la carte d’identité et une copie de leur justificatif de domicile.

Le coût de la démarche des courriers préalables et amiables sera de 10 € TTC par foyer. En cas d’échec des conciliations, la démarche contentieuse éventuelle coûtera 30 € TTC par foyer (comprenant la saisine du Tribunal, les échanges de mémoires, l’audience et le compte rendu).

Pour plus d’information :

Coordinatrice de l’action : Madame Sarah Bodhuin, presquileencolere(at)gmail.com
Lieu physique des rencontres : Smør & Brød, 88 rue Mercière, 69002 LYON

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